Mediapart | "Contournement de Beynac", projet inutile du président du Conseil départemental 24

2018 année de l'indignation ? OUI, au nom de L'ÉTHIQUE ! Depuis le 22 décembre, jour où j'ai entendu proférer la déclaration mensongère du Président du Conseil départemental de la Dordogne sur le trafic de camions qui transiteraient par Beynac, j'éprouve une sourde révolte qui a produit ce billet d'humeur. Il est nécessaire de dénoncer les comportements d'élus qui croient que tout leur est permis!
CE À QUOI, OU À QUI, NOUS SOMMES SOUMIS !
On pourrait écrire des pages sur un comportement qui interroge. Sur un personnage mais également sur les institutions. Car au-delà de la personne la question est : où se trouvent les garde fous qui éviteraient à un élu de faire ce que ne voudrait pas une majorité de la population ?
J’habite le département de la Dordogne dont le Président du Conseil semble avoir perdu le sens des réalités. Porteur d’un projet vieux de plus de trente ans, toujours contesté parce qu’il banaliserait un paysage exceptionnel, le Triangle d’or de la vallée de la Dordogne.
Malgré des travaux récents ayant changé la circulation dans le village de Beynac, un des plus beaux de France, il persiste à vouloir le faire contourner. Mais la municipalité et une majorité de l’expression portée sur le cahier d’enquête publique récente ne veut pas du contournement !
Le projet est devenu notablement différent de celui qui avait obtenu la déclaration d’utilité publique en 2001.
De plus les circonstances de droit et de fait ont changé.
  • Les lois Grenelles 1 et 2 prônent la concertation, elle a été nulle avec la population depuis la remise à jour du projet en 2015,
  • Les faits ont évolué, l’autoroute A89 a changé les flux de circulation, mais surtout la traversée du village a été sensiblement améliorée, il n’y a pas eu de réel blocage l’été dernier, pourtant le public n’en a pas été correctement informé.
Mais qu’est-ce qui permet à ce Président insensible à autre chose qu’à son idée fixe, de déclarer comme il l’a fait lors de l’interview publiée par TF1 dans le journal de 13h du 22/12/2017 :
"Il n’est pas durable de laisser un des plus beaux sites de France être pollué par des milliers de camions chaque jour, ça n’a aucun sens. Ce qui est durable c’est d’éviter le village, c’est de passer en face et ça se fait à la fois dans le respect de l’environnement et des paysages."
Ce qui n’a aucun sens c’est qu’un responsable politique fasse une telle déclaration mensongère sur une télévision grand public et que les journalistes ne le relèvent pas. Car quel est le véritable flux de camions qui traversent ce village chaque jour ?
Dans la période du 04/07/2016 au 30/09/2016, où la circulation des poids lourds (camion, cars / bus, engins agricoles) était libre, le document 22.287, un relevé précis et documenté d’origine départementale (*) donne pour la semaine 33 - la plus chargée - du 08/08 au 14/08 (Valeurs tous sens confondus) :
MOYENNES DU NOMBRE DE POIDS LOURDS TRAVERSANT BEYNAC                                       
Valeur journalière maximum : 276
Valeur journalière moyenne (sur la semaine) : 218
Moyenne journalière sur 3 mois (juillet, août, septembre) : 137
On est bien loin "…des milliers de camions chaque jour….".
Manipulation ou lapsus ? Je ne suis pas qualifié pour le dire. Je noterai juste cette phrase trouvée sur le site Wikipédia : « Freud voit dans le lapsus un symptôme important de l’émergence de désirs inconscients. »
Ce projet qui a pu être reconnu d’utilité publique en 2001 pourrait-il être devenu, comme le dit le maire de Beynac dans le même sujet :
« inconcevable et inutile… il n’y a plus de blocage » ?
Et la volonté que manifeste le président du Conseil départemental accompagné par une minorité complice, serait-elle uniquement cette émergence de désirs inconscients qui n’ont rien à voir avec l’intérêt général ?
C’est ce que je suis amené à penser !
Et je me demande comment arrêter cette volonté de détruire une harmonie paysagère, patrimoniale, naturellement riche, pour asphyxier l’économie d’un village qui s’éteindrait hors saison touristique.
Car le personnage est très particulier, que dit-il très récemment de Stéphane Bern qui critique son projet :
"Stéphane Bern n’est jamais venu en Dordogne. Est-ce qu’il connait la vie des Périgourdins ? Il sort de sa boîte comme un guignol."
Alors que la personnalité est venue à plusieurs reprises dans le sarladais même !
Ahah ! être Périgourdin ! Ça ne s’improvise pas, lui qui est né à Lézignan- Corbières fils d’un réfugié espagnol, comme je l’ai été d’un autre réfugié espagnol passé dans le sarladais en 1940 et dont l’exil s’est arrêté à Toulouse.
Ce fils de réfugié espagnol qui s'est permis de dire, à quelques mots près, devant la dizaine d’opposants qui manifestaient le 22 mai 2016 sur le pont du Garrit, où il inaugurait une boucle pédestre devant une audience de diverses origines :
"Les opposants au projet ce sont des retraités venus d’on ne sait où, s’installer dans des fauteuils confortables, qui n’ont aucun souci de l’avenir économique de la vallée et de l’emploi des jeunes, et qui veulent seulement avoir des assistants de vie pour leur torcher le cul le restant de leurs jours !"
Ahah ! le beau discours républicain dont pourront témoigner les concernés.
"Comme un guignol !" Mais qu’a fait l’ex-député fraîchement débarqué de sa fonction le 18 juin 2017 ? Le 3 septembre 2017 sur le terrain de football de Vézac il a revêtu l’écharpe de député, un signe républicain qu’il ne portait, parait-il, jamais. Usurpant ainsi un signe que seul le député en exercice est autorisé à porter. Il peut être passible d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Plus fort encore, il a participé à une grande mascarade dans laquelle, pour impressionner la galerie, les organisateurs ont distribué force rubans tricolores en plastique. Un peu plus de 200 personnes ont été mêlées à ce rassemblement si peu républicain, si peu démocratique.
Un journaliste a parlé à cette occasion "d’acte manqué", pour évoquer le manque d’attention au protocole républicain. Sauf qu’il s’agissait d’un acte prémédité puisque dans les mois précédant l’évènement, le président invitait les élus à participer au rassemblement en leur suggérant de venir porteurs de leur écharpe. On pourrait écrire des pages sur ce comportement qui interroge. Sur le personnage mais également sur les institutions.
Car au-delà de la personne la question est : où se trouvent les garde fous qui éviteraient à un élu de faire ce que ne voudrait pas la majorité de la population ?
Il faut le rappeler, lors de la dernière enquête publique, alors qu’on leur demandait de se prononcer sur la validité des compensations, plus de 80% des 2.600 observations indiquaient que les participants considèrent aujourd’hui qu’il n’y a rien à compenser puisque le projet est devenu inutile ! 
Théophile Pardo,
Président de D.I.G.D. (Défendre l’Intérêt Général en Dordogne)
 (*) Le bureau « Exploitation Routière et SIG » du Pôle Territoires de la Direction du « Patrimoine Routier, Paysager et Mobilité » a procédé à une anlayse de la circulation routière, durant la dernière période estivale (2016).
Deux compteurs ont été posés de part et d'autre de Beynac, sous contrôle d'huissier. Les données de trafic routier retenues correspondent à la période du 4 mai au 30 septembre 2016.
(NDR) Dont ont été extraites les valeurs pour les mois de juillet, août, septembre, pendant lesquels la circulation était normale.