SudOuest.fr | Déviation de Beynac (24) : ils s’enchaînent à nouveau aux engins

Les opposants au projet départemental ne sont pas KO et mènent une nouvelle action coup de poing à Saint-Vincent-de-Cosse, depuis ce lundi 6 heures. 

Quatre contestataires se sont enchaînés aux engins de chantier
FRANCK DELAGE

Après le rejet de huit recours suspensifs par le tribunal administratif de Bordeaux, un remaniement suite à des soubresauts sur la ZAD, les opposants au contournement de Beynac (Dordogne) ne veulent pas laisser un pouce de terrain. Depuis ce lundi matin 6 heures, une quinzaine d’entre eux se sont introduits sur la zone de chantier située sur la commune de Saint-Vincent-de-Cosse, en face du château de Monrecour. Là, les travaux portent sur la construction des piles terrestres d’un nouveau pont au Pech. Quatre contestataires se sont enchaînés aux engins de chantier, dont une foreuse arrivée en fin de semaine dernière. Ils avaient déjà procédé de la sorte fin mars pour bloquer le début des travaux de fouilles préventives. 
CRÉDIT PHOTO : FRANCK DELAGE
"Nous sommes là pour protéger une vallée, un espace, un paysage, notre terre que l’on aimerait laisser aux plus jeunes", lâche Juliette, enchaînée et perchée. Originaire de l’ouest du département, elle a rejoint la ZAD il y a trois semaines pour sa première implication dans une cause. "C’est un combat important à mener. Le capitalisme ne nous mène nulle part."

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Les gendarmes présents

Les gendarmes sont présents sur les lieux depuis 7 h 30 et se relaient pour sécuriser la zone. Le but des manifestants est de bloquer les travaux, de crier leur existence et délier les langues. "Les locaux ont peur de dire ce qu’ils pensent, explique Gilbert, chef de file des zadistes installés sur un terrain privé à Fayrac, sur la commune de Castelnaud-la-Chapelle. Plus cela va monter en force, plus les gens vont s’affirmer ouvertement. Les gens sont en train de prendre conscience." 

Les travaux sont bloqués à Saint-Vincent-de-Cosse 
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"On souhaite faire parler, montrer que la ZAD n’est pas morte, que le collectif Sauvons la vallée Dordogne n’est pas mort, et que l’on se battra jusqu’au bout", ajoute Juliette, en précisant que tous les mercredis, des soirées auberge espagnole sont organisées à la ZAD avec des échanges, des projections. Une guide est présente tous les jours à Fayrac pour proposer des visites de la zone impactée. Des banderoles ont fleuri un petit peu partout en bord de la rivière Dordogne. L’idée est d’avoir une visibilité maximum auprès des visiteurs et de sensibiliser pendant les beaux jours.

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